Véronique Vialis & Jonatan Ripoll

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LA CHAUX

UN PEU D'HISTOIRE


Tombée quasiment dans l'oubli en France lors de la reconstruction du pays après 1945, la chaux est pourtant l'un des premiers liants utilisés par l'Humain. C'est autour de la Méditerrannée (Jordanie, Irak, Turquie) que l'on trouve les premières traces d'utilisation de la chaux. La poudre blanche était alors utilisée en badigeon (peinture au lait de chaux) ou en enduit afin de protéger des intempéries, les constructions faites de terre. Au VIème siècle avant J-C toutes les civilisations connaissaient la chaux. Mais ce sont apparemment les Romains qui inventent l'architecture « moderne » grâce à leur mortier de chaux additionné de pouzzolane (roche volcanique) ou de briques pilées, aujourd'hui appelé ciment romain. De leur côté, les Mayas confectionnaient des mortiers d'une grande solidité avec une chaux provenant de la cuisson de coquillages. Ce n'est que bien plus tard, au XVII ème siècle, que des travaux de recherche permirent d'établir des règles de cuisson et d'extinction de la chaux.


Les différentes chaux à employer

C'est la composition de la roche calcaire d'origine qui détermine le type de chaux, hydraulique ou aérienne. La chaux hydraulique provient de la cuisson d'une roche calcaire composée de 5 à 30 % d'argile. Elle fait sa prise au contact de l'air mais également, grâce aux silicates et aluminates de calcium qu'elle contient, au contact de l'eau. Ses bonnes propriétés de résistance mécanique la prédestinent à une utilisation eno gros oeuvre (dalles, enduits extérieurs). Les différentes chaux hydrauliques s'identifient grâce au sigle N H L (natural hydraulic lime) 2, 3,5 ou 5, la dernière étant la plus résistante à la compression. Le prix d'un sac de 35 kg de chaux hydraulique NHL 3,5 est de l'ordre de 11 à 12 euros, tout comme celui d'une NHL 5. La chaux aérienne, qui fait sa prise au contact de l'air, est obtenue à partir d'un calcaire très pur, ne contenant que très peu d'argile. Elle donne alors un mortier onctueux approprié aux enduits et à la décoration. Le sigle CL (calcic lime) 70, 80 ou 90 permet de distinguer les différentes chaux aériennes calciques en sachant que plus le chiffre est grand, plus la chaux est pure. Plus rarement, on trouve de la chaux magnésienne ou dolomitique. Obtenue à partir d'un calcaire contenant du magnésium, elle possède une légère hydraulicité naturelle et une élasticité intéressantes.Selon la quantité d'eau utilisée pour éteindre la chaux vive, la chaux aérienne se présentera sous forme de poudre ou de pâte.
C'est l'immersion de la chaux vive qui permet d'obtenir la chaux en pâte, alors qu'un simple arrosage régulier donnera de la chaux en poudre. Les adeptes de la chaux en pâte arguent de sa facilité de mise en œuvre liée à son onctuosité, mais aussi de sa meilleure qualité. Alors que la chaux en pâte est conditionnée dans l'eau dès sa fabrication, la chaux en poudre, elle entre à un moment donné au contact de l'air. Contact qui pourrait faire qu'une partie serait déjà carbonatée lors de son emploi, d'où de moins bonnes conditions d'utilisation. On peut toutefois nuancer ce constat au vu des belles réalisations faites avec de la chaux en poudre. En outre, la chaux en poudre a l'inconvénient de se disperser facilement en poussière, irritant les voies respiratoires des utilisateurs réguliers. Le prix d'un sac de 20 kg de chaux aérienne en poudre commence à 11 euros et celui d'un sac de 20 kg d'une chaux aérienne en pâte commence à 24 euros.Les chaux N HL Z 3,5 ou 5 sont des chaux « bâtardes » dans lesquelles on trouve une petite proportion de ciment. Elles sont généralement utilisées dans le gros œuvre pour leur résistance et la rapidité de leur prise.


 LES ENDUITS

Venise 2005 0132

 

 

Les différents enduits à la chaux :

Il est quasiment impossible de faire une liste exhaustive des enduits à la chaux qui existent tant il en est de différents. Il y a effectivement autant d'enduits que d'enduiseurs ! Tentons tout de même de démêler truelles et platoires afin de vous livrer les secréts des grandes techniques d'enduits chaux. Pour ceux qui ne feraient pas appel à un professionnel de la chose, il est bien sûr fortement recommandé de tester différents dosages et compositions en fonction des supports à enduire et du climat du moment (température, degré d'humidité).L'enduit chaux classique, utilisé en intérieur comme en extérieur, et ayant avant tout une fonction de protection du mur plus que de décoration, est réalisé avec du sable propre et sec, de l'eau et de la chaux bien sûr !

Il est passé en trois couches selon la règle suivante :

Plus la couche est proche du mur, plus elle est chargée de liant (la chaux) et plus son sable est gros , de 1 mm de diamètre pour la couche de finition jusqu'à 10 voir 20 mm selon les supports pour le gobetis.Pour améliorer les recettes de base, en cuisine on ajoute parfois des épices, et bien en maçonnerie, on met des adjuvants dans les enduits. Les Romains utilisaient ainsi du lait, des oeufs, de l'urine, du crin de cheval et même du sang de boeuf dans leurs préparations pour jouer les rôles de retardateur de prise, de fluidifiant ou encore de trame d'accroche. On peut également ajouter du savon liquide qui donnera à l'enduit plus de souplesse, de la colle à papier peint pour retarder la prise, ou de l'huile de lin pour fixer les couleurs, de l'huile de clou de girofle pour conserver la matière. Les finitions sur ce type d'enduit sont variées : talochées, épongées, lissées, brossées... et même teintées dans la masse si l'on ajoute des pigments ou une terre colorée avec la couche de finition.

 

Venise marmorino 0145Venise marmorino 0144Venise marmorino 0152

 

 

Les malfaçons des enduits chaux :

- Décollement : support trop lisse, trop humide, ou mal nettoyé.
- Effritement : température trop élevée lors de la pose, dosage en liant trop faible.
- Faïençage ou microfissure : couche trop épaisse, trop riche en liant, température trop élevée lors
de la pose, support pas assez humidifié.
- Pas de prise de la chaux :
Couche trop épaisse, temps de séchage entre deux couches non respecté.
- Efflorescence : support mal nettoyé ou malsain, sable sale ou eau de gâchage impure.


 

chaux Maroc  - 132

 

 

Nature du support...Préparation du support... Chaux préconisée

Terre crue (pisé)
- Dépoussiérage
- Humidification
- Lait de chaux
- Gobetis et corps d'enduit
Chaux aérienne

Terre cuite
- Dépoussiérage
- Humidification abondante
- Gobetis
Chaux aérienne ou Chaux hydraulique NHL 2 voir NHL 3,5

Pierre tendre (tuffeau, calcaires tendres...)
- Dépoussiérage
- Humidification
- Gobetis
Chaux aérienne
- Humidification
- Corps d’enduit
Chaux aérienne ou Chaux hydraulique NHL 2 voir NHL 3,5

Aggloméré de ciment parpaings
- Humidification
- Gobetis
Chaux hydraulique bâtarde NHL-Z 3,5

Béton cellulaire, Plaque de gypse et cellulose Fermacell
- Humidification
- Gobetis
Chaux hydraulique NHL 3,5 + retardateur de prise

Plaque de plâtre
-Pour étanchéifier ces plaques trop absorbantes, les professionnels ont chacun leur recette écologique. En voici une qui nous paraît intéressante : 7 jours avant la pose de l'enduit de finition, appliquer un mélange de 2 vol. de sable fin, 2 vol. chaux hydraulique NHL 3,5 et 1 vol. de peinture à dispersion écologique.
Chaux aérienne

 


LES STUCS 

Venise palais des doges marorino 0315 Venise palais des doges marorino 0326 Venise palais des doges marorino 0334Venise palais des doges marorino 0327

Palais des Doges Venise

 

 

   

Appliqués(aplats), Trainés(moulures), Incisés(mezzo fresco), Modelés(bas relief) , Sculptés( haut relief), Estampés Moulés...

LES POINTS COMMUNS ENTRE CES GENRES:

Finesse de l'agrégat, maitrise des proportions , travail couche sur couche ou sur une "âme" creuse ou pleine.

Marmorino ou stuc antique (Opus Albarium, Opus Marmoreum)

Venezziano stuc fin ou pelliculaire

Stucs chaux plâtre (Arabo-Andalou-Baroque)

Stuc relief trainé ou mouluré

Stuc pierre, carton-pierre, pâte à papier (Venise)

Stuc marbre et Scagliola

Gypserie "Provençale", modelage, ciselage

Faux marbre peint à "fresco" sur un marmorino

Eglise des Jesuites Venise
 

 

 

LES STUCS MARMORINO ou stuc antique permit d'habiller à peu de frais de marbre blanc les monuments de la Rome Impériale.Il permit aussi d'employer de la main d'oeuvre non qualifiée en grand nombre (esclaves) et des matériaux facile à se procurer.
Diffusion dans tous le pourtour de la Méditérrannée. Recettes perdues au Moyen-Age, bien que rapportés par Vitruve au Ier siecle av J.C, redécouverte par Giovani da Udine(1487-1520), disciple de Raphael, ami de Vassari, sur les fouilles de la Domus Aurea de Néron vers 1500. Employé par Giulo Romano(1456-1499) en Italie, Rosso(1494-1540) et Primatice(1504-1570) à Fontainebleau Segonde Renaissance.

Dal "DE ARCHITECTURA " di Marco VITRUVIO Pollione
Si traserive, qui di seguito, un passo del "De Architectura" di Marco Vitruvio Pollione, Libro VII, Capo III, dalla traduzione di Berardo Galiani, Veneria, 1854,
laddove parla della preparazione di un intonaco di marmorino.Da tale testo, si potrà anche meglio comprendere perché il marmorino veneziano è pure chiamato "stucco romano"."...si rinzaffino più rozzamente che sia possibile le mura.Mentre sta per asciugarsi il rinzaffo, si copra d'arricciatura, regolando le lunghezze con la riga e col filo, le altezze col piombo, e gli angoli con la squadra: perché un intonaco cosi fatto farà riuscire bella la pittura. Mentre sta per seccarsi questo arricciato vi si stenderà il secondoepoi il terzo. Cosi quanto più alto sarà l'arricciato Canto più duro e stabile sarà !'intonaco.Ouando oltre il rinzaffo si saranno fatte non meno di tre crosse d'arricciato, allora si stenderanno i piani di polvere di marmo, e quello stucco si stempererà in modo che nello impastarsi non attacchi alla perla, ma ne esca netto il ferro.
Steso lo stucco, mentre si secca, vi si stenda un altro piano più sottile: e quando sarà questo ben maneggiato e lisciato, si metta anche il terzo e più sottile.
Cosi fortificate le mura con Ire incrostature d'arena ed altrettante di marmo, non potranno essere sottoposte né a crepature, né a difetto alcuno: ma anzi essendo staticon le cazzuole ben assodati i piani di sotto, e poi ben lisciati per la durezza e candidezza del marmo, i colon' emetteranno una grande vivezza e trasparenza.Gli stuccatori (tectores) greci fanno i loro lavori duraturi..."


POMPEI villa des mysteres STUCS 2 POMPEI villa des mysteres STUCS pompei coupe d'enduit pilier

Mortiers colonnes à Pompei ITALIE

 

 

LE STUC OPUS SIGNINUM : ensemble de techniques visant à hydrauliciser les mortiers et à les compacter par serrage et damage.

Origines : Signia dans le Latium (terre riche en aluminates, Etrusques Vème siecle). Construction de citerne par des techniques de banche naturelles et compactage (Phéniciens). Des ouvrages différents comme les sols en bétons damés, blocages de murs et fondations en béton, enduits serrés ou ferrés, avec l'utilisation de testa, coccio pesto ou d'autres matériaux à prise pouzzolanique. Les techniques de mise en oeuvres sont misent au point à la fin du premier millénaire avant JC, constituent le fond commun de toute les techniques de réalisation d'ouvrages en mortier de chaux.

"Le secret" mytique des mortiers Romains: compactage et resserage de "TOUS" les types de mortier et béton, tout particulièrement dans la gamme des stucs...

Cette technique survivra à l'apparition du ciment Portland, actualisée et adaptée à ce nouveau matériau qu'est le ciment, du début du XXème SIECLE à très récement.

LE STUC VENITIEN désigne aussi un genre proche de la gypserie provençale par son aspect et ses modéles d'inspiration baroque ou rocaille, mais proche du marmorino antique par sa composition: chaux et marbre, aditionné de plâtre comme accélérateur et teinté à fresco ( appelé aussi stucco forte).

LE STUCCO LUSTRO est un stuc ciré, à chaud ou à froid sur un stuc marmorino ou venezziano.


 

Stucs villa des mystères à Pompei ITALIE

 

 

PEINTURE A " FRESCO " sur support de stuc.

Faux marbre et fausse pierre en trompe l'oeil, dont la qualité et la reproduction, plus ou moins convainquante, ne tient qu'au conpétances et à l'habileté du peintre. Il s'agit là de peinture à la fresque, ou "buon fresco".
Cennino Cennini nous décrit au XVIème siecle la préparation très détaillée du support de la fresque, ainsi que les étapes préparatoires à celle-ci, tant pour le dessin et ses méthodes "sinopia, verdacio", que pour les techniques de crépis mises en oeuvre couche et temps de séchage. Le phénomène de transfert du pigment dans l'enduit frais pendant la carbonatation avec la formation d'une pellicule de calcin après séchage sur la couleur était bien connu et employé dans l'Antiquité, fresques sur stuc en Egypte et en Crète. Utilisé et diffusé par les Romains, conservé durant tout le Haut Moyen-Age par l'Empire Romain d'Orient qui le transmettra à l'Occident lors de la mise en place de la féodalité. Cette technique durant la Moyen-Age semble s'être perdu en Occident, mais consevé par l'école byzantine, puis réformé par Giotto ," père de la peinture moderne qu'il portera à sa plus haute perfection", selon Vasari.

Hôtel particulier Venise
 

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Les pigments sont dilués avec de l'eau, ou bien de "l'eau de chaux", c'est à dire l'eau de l'extinction de la chaux, chargée en carbonates de calcium, et sont appliqués sur la couche d'enduit de chaux et de stuc frais. Le stuc est appliqué sur un enduit frais d'une ou de plusieurs couches de mortier de chaux et sable, ou chaux et pouzzolanne ( Pompéi ), d'une épaisseur d'un centimètre ou plus. Cet enduit était parfois fibré avec de la paille dans les premières couches, du chanvre dans les dernières.
Appliqué sur la sous-couche de crépi sec et granuleux, l'ARRICIO. L'enduit ainsi posé, terminé par le stuc, occupe la surface
correspondant au travail du jour, la GIORNATA, que le fresquiste se propose de réaliser avant que le stuc, l'INTONACO, ne soit sec. Les pigments ne sont donc liés par aucune colle ni aucun médium, à moins que l'on considère en l'occurence que dans ce cas, c'est la chaux qui en sèchant va jouer le rôle du liant des couleurs. La peinture à la fresque n'est en aucun cas une peinture à la détrempe, bien que les pigments soient "trempés"aussi dans de l'eau. C'est le processus de carbonatation de la chaux qui la caractérise. Fresquistes et stucateurs utilisent tous deux la même propriété de la chaux à fixer la couleur durant carbonatation de l'ouvrage.Le pouvoir colorant des pigments dans le stuc de chaux se trouve diminué par le pouvoir blanchissant de la chaux losque celle-ci sont mélangés au mortier, la manière de garder la couleur pure et vive est la même pour les stucateurs que pour les fresquistes et consiste à appliquer la couleur pure et diluée dand de l'eau de chaux et adjuvantée de savon liquide ou fondu. La couleur reste très vive après la carbonatation et la formation du calcin en surface.L'addition du savon dans le pigment favorise sa dispersion et le ferrage de l'enduit, qui doit se faire pendant la réalisation de la fresque, pour resserrer le mortier et faire remonter l'humidité de celui-ci, et surtout éviter la formation prématurée de la croute de calcin qui risquerait de s'interposer entre deux couche de couleur. Un serrage final à la petite truelle est fait en fin d'ouvrage, et est facilité par l'eau savoneuse porteuse de pigments.Les procédés d'application des peintures autres que la technique de la fresque, comme la "tempera"ou la"détrempé", sortent du cadre des stucs.

 

LA PEINTURE A SECCO se travaille sur un support sec, les pigments ne sont pas liés et ne tiennent que par légère coloration du support, ils sont peu solides.

LA PEINTURE A LA DETREMPE technique picturale où les couleurs sont broyées à l'eau et délayées ou "détrempées" au moment de peindre avec, selon le procédés, de la colle de peaux tiède ou de la gomme.


chapelle du Villard Hautecour Savoie

 

 

LA PEINTURE A TEMPERA procédé de peinture à la détrempe dans laquel le liant, est une émultion contenant des substances aqueuses et huileuses, telles que l'oeuf, le lait de figues, de la colle peau ou d'os, de l'albumine du lait, des cires, des résines naturelles, de la sèves, des gommes. L'oeuf fut l'élément essentiel de l'émulsion jusqu'au XVIème siecle, on utilisait le jaune ou plus rarement le blanc...

LE GESSO est un enduit très fin de préparation des supports ( bois ) que les peintres utilisent avant l'application de la peinture. Composé de plâtre fin et de colle animales et s'applique comme une peinture, au pinceau...Procédé très ancien, les Egyptiens l'utilisaient pour préparer leurs supports, très employé au Moyen-Age comme interface . Le gesso est fait avec un plâtre "mort" ayant fait sa prise après dilution et malaxage, en suite sèché, broyé ou rapé, tamisé et coservé sous forme de poudre sous l'appellation "plâtre de Bologne". Son utilisation nécessite alors l'apport d'un liant et d'un diluant : colle d'os ou de peau et de l'eau.


Venise palais des doges marorino  0300

Scagliola Palais des Doges Venise
 

 

 

STUC MARBRE ET SCAGLOILA : Reproduction économique du marbre et des pierres semi-présieuses,école florentine de Pietra Dura 1588.Le stuc marbre est une invention du XVIIème siecle, il n'existait pas avant 1607. Seules existaient les techniques de reproductions de marbres par application de pigments colorés er peints à fresco sur un support de stuc : faux marbre peints, depuis les grecs Délos et surtout les Romains à Pompéi et Herculanum.Le stuc marbre est fait exclusivement en plâtre, coloré dans sa masse. Ponçages et ré enduisages, fort long à réaliser, parachève le travail d'imitation.

Scaglie : écailles, vient d la structure du gypse en écailles. Sélénite: pierre de lune, lapis specularis, pierre miroir.

SCAGLIOLA : Marquetterie de stuc marbre, reproduction avec du plâtre des marquetterie florentine de manière très convaincante.Ecole allemande , dont Blasius Pfeiffer (1587-1622) et son fils Wilhem sont les découvreurs. Premier scagliole 1607 Reich Kapelle à Munich. Ecole de Capri premier scagliole de Guido Fassi (1585-1649) datent de 1611 et semblent avoir été réalisées indépendemment de celles de Munich. Ecole d'Intelvese au début du XVIII ème siecle, beaucoup plus tardive donc. Mais beaucoup d'artisants et artistes de cette petite vallée du nord de l'Italie vont travailler en Bavière, Bohème, Saxe et contribuer à l'élaboration des décors des églises baroques de l'Allemagne du XVIIIème siecle.


 

Stage Maroc ciselé 2004 - 143

Tadelakt Fès Maroc

   

 

STUC MAROCAIN : Modèle d'adaptation à des conditions géographiques, historique et culturelle, en vogue actuellement connu sous le non de tadelakt. Originaire de Rome il s'agit d'un stuc antique, de type marmorino, dont l'adaptation de la technique s'est pliée à l'absence de matériaux de base "la poudre de marbre" ainsi qu'à une moindre qualité de la chaux locale, après la disparition de l'Empire Romain et qui a perduré jusqu'à nos jours en vase clos.

STUCS ARABO-ANDALOU en chaux plâtre : stucs en relief.


 

Plâtre ciselé Médersa Fès Maroc
 

 

 

STUC RELIEF : Techniques empruntées à la sculpture, employées depuis des millénaires, elle restent les mêmes au cour des âges.
Ce qui différencie le modelage en terre du modelage en stuc, c'est la nature de la pâte : cette pâte est un mortier, étape transitoire d'une roche. Un mortier est un produit artificiel, crée par l'homme, transformé avant utilisation. Il a fallu des millers d'années de recherches, voulues ou fortuites, pour obtenir un mortier, derivé d'une roche cuite, concassée, mouillée, additionnée d'autres éléments et donc la maitrise (venue du contrôle des art du feu, des mélanges et des stratégies d'application) on permis l'émergence.Le procédé est addictif, contrairement à la stulpture, qui procéde par approche soustractive : on enlève de la matière du bloc originel, avec les conséquences que cela peut avoir : pas de place à l'erreur!!! Le fait de procéder par ajout de matière libère l'esprit du sulpteur, le travail est plus serein, plus joyeux le repentir reste toujours possible.Le modelage appartient au registre du sculpteur, que se soit en terre crue , en plâtre ou en mélange chaux plâtre. Cela est vrai aussi pour certaine techniques issues des débuts de la mécanisation au XXème siecle comme le carton pierre, le staff, et d'autres procédés expérimentaux de cette époque.Les stucs en relief font appel à plusieurs techniques, qui peuvent les une au autres, se confondre et s'interpénétrer au point qu'il peut devenir presque impossible parfois de les distinguer.


 

stuc en relief marmorino3

 

 

MODELAGE : Bas relief, semi ronde, ronde bosse. L'oeuvre est alors modelée en plusieurs passe, sur un âme creuse ou pleine, qui est le noyau central. Ce noyau approche la forme finale, le plus près possible, peut être fait de matériaux composites, armé de fer. Sur ce noyau ou âme, viennent s'appliquer les couches du mortier de stuc de chaux, de plâtre ou d'un mélange de chaux-plâtre, en proportions très variable selon l'emplacement de couches, de l'epaisseur de l'ouvrage, (proche ou non de l'exterieur, des intemperies ou des contraintes autres telles que la polution, la fumée...) de l'aspect final souhaité.Giovanni Da Udine fut le premier à l'époque moderne à redécouvrir les techniques de modelage en stuc antique, et crée dans son sillage ce grand courant européen qui se scinde en deux au XVIIème siecle et XVIIIème siecle : l'art de la gypserie d'une part, et d'autre part l'art de la sculpture en stuc avec de grand stucateurs de l'époque baroque et roccoco comme les frères Azam, les familles Christian, Feuchtmayer en Europe du nord (Allemagne), les Serpota en Europe du sud (Sicile).

Gypseries Provençales escalier château de Volone Alpes de haute Provence

 

 

LA GYPSERIE dite "provencale", car son origine se situe au XVIIème siecle, en Provence, sous l'impulsion d'artisans italiens, sans doute génois, et dont l'importation d'une technique dérivée de stucs et ornements renaissants va conquérir tous les plafonds et cheminée des grandes deumeures européennes tout au long du XVIIIème siecle. Les méthodes et matériaux employés différent toutefois d'un région à l'autre, les gypseries de type "provençal" ou stuc baroque étant faits de plâtre en France, tandis que l'Italie utilise le stuc marmorino marbre et chaux adjuvanté parfois de plâtre. Les stucs baroques et roccoco en Allemagne se raprochent par leur composition "à l'italienne" des plafonds vénitiens de la même époque. Ces techniques de gypserie ouvriront au milieu du XVIIème siecle la voie d'une technique de moulage, qui n'entre plus à proprement parler dans les techniques des stucs : le staff.
Ce type de gypserie n'emploie dans sa composition que du plâtre, ralenti par l'ajout de colle animales, sans chaux ni aucune charge minérale ajouté au mortier de plâtre, qui se suffit parfaitement à lui même. Le "gipier" considère son art comme un art à part entière, qu'il ne rattache que peu au courant général du stuc.

MOULAGE. Cette technique utilise de le terre crue ou du plâtre, depuis l'Antiquité. Origines : d'Egypte, pour la réalisation des masques mortuaires Ier millénaire av JC. Les tanagras, fabriqués en Grèce à l'époque hellénistique, moulé en serie et retouchés ou non manuellement, étaient diffusés dans tout le monde antique.D'après Pline (mort en 79 de notre ère) : Lysistrate de Sicyone, au IVème siecle av JC, réalisa des masques de plâtre sur des personnes vivant, selon une technique de moulage parfaitement au point.A l'époque moderne , un bessoin de reproduire les statues Antique (elles mêmes souvent des copies dévoyées d'originaux, maintes fois copiés et parfois perdus ), permettent la création d'ateliers et écoles, italiennes et proche des racines antiques au XVIème siecle : Cour des Ducs de Mantoue, de Gonzague et des Medicis, puis en France . Développé au milieu du XVIIIème siecle de mieux en mieux maitrisé il aménera un nouvelle technique: le staff, 1848 Alexandre de Sachy.

Modelage et moulage se complètent : il faut fabriquer le premier moule...Mais avec cette industrialisation reproductive, commence à ce perdre les métiers d'ornementalistes, créateurs des formes originelles. On retouche les moulages pour les rendre plus nerveux, plus contrastés.

LE STAFF est moulé en atelier et assemblé sur le chantier. Le stuc est toujours modelé, trainé ou incisé sur "in situ". Le stuc permet un décors très ombragés, contrastés et en creux, alors que le staff, tiré en serie ne permet que des formes plus "molles", plus aptes au démoulage.

ESTAMPE. Développement sous les Romains. Cest une technique de reproduction rapide de motifs ou d'élements de motifs : perles,
raies de coeur....,dans la pâte fraiche déjà grossièrement appliqué sur le mur, à l'aide d'un moule en creux. Technique mixte donc, entre le modelage et le moulage, puisque fabriquée "in situ" par moulage, mais nécéssitant la retouche finale du modeleur pour l'enlèvement des bavures. Une technique qui ne permet pas seulement d'aller vite, mais aussi d'utiliser les nombreux aides, assistants, apprenti qui sont sur le chantier, qu'il faut "employer", mais surtout former, et par conséquent faire passer par tous les stades de l'apprentissage.

TRAINAGE. Les Romains l'utilisèrent abondamment, mais avant eux les grecs. On réalise ainsi frises, moulures, plinthes et bandeaux trainés par des moyens mécaniques et ensuite modelés ou non dans la pâte fraiche, et employant des techniques mixtes de modelages et de trainage. Le trainage se fait "in situ" à l'aide de gabarit, traineau profils, dans un mortier frais, mais peu aussi se faire à "secco ou mezzo secco", sous forme abrasive : chemins de fer, guillaumes pour creuser la matière. Faux appareils, incisions, refends et chaines d'angles, colorés ou non, appareil factices d'assise, d'orthostate, de plinthes et de tous autres élément appartenant au vocabulaire des Modénatures Architecturales, destinés à nous informer sur la structure du bâtiment, ou bien au contraire à nous tromper sur cette structure intime, se réalise ainsi par la méthode additive ajouts de ortiers par couches successives, ou soustractive creusement. Méthodes mixtes très utilisées au XIXème siecle.

GRAVURE ET INCISION. Se réalise à "mezzo secco", ou à "secco". Méthode souvent couplée aux techniques précedentes, très employée dans les stucs de chaux-plâtre arabo-andalouse. Le mortier est incisé, mais peut être aussi creusé, ajouré moucharabiehsarabes. Nécessitant un mortier tendre, "lent", contenant peu de plâtre, ou bien fortement ralenti par l'emploi de colle animales, comme dans la gypserie provençale.

LES FINITIONS AU SAVON OU A LA CIRE . Les stucs brillants comme les stucs "marmorino" ou" venezziano" peuvent utiliser du savon pour faciliter ferrage et brillance avec l'application à "fresco" d'une ou plusieurs couches de savon noir ou de Marseille dilués dans de l'eau : celle-ci étant un sel alcalin de sodium, augmente l'alcalinité du stuc et favorise le travail du ferrage . Sont employées cires, huiles, cires saponifiées, pour faire briller et protéger l'enduit en l'étanchéifiant . Elles s'applique généralement à "secco".

LE STUC DE MANTOUE est un badigeons appliqué en six ou sept couches, frais dans frais, et que l'on fait briller comme un stuc.

LES DERIVES DE CES MORTIERS: badigeons, eaux-fortes, patines (moderne), les huiles chaulées, les peintures à tempera, à fresco, à détrempe.

LES COMPOSANTS: charges, pigments, liants, adjuvants, et diluants ; même règle que pour un mortier. Tronc commun initial.

"Le peintre et le maçon ont longtemps travaillé les même materiaux."

LES ECOLES ET GENRES

   
 

Palais de Doges Venise

Romaine au XVIIème siecle, puis de Fontainebleau "marmorino".

Ecole de Venise XVIIIème siecle:" marmorino" à teneur en plâtre, chaux et marbre stucco forte.

Ecoles germaniques :fin XVII, XVIIIème siecle: plâtre et chaux, colle, acide tartriques ralentisseur.

Ecoles des stucs marbres et scagliola: courant germanique et italien, XVIIème siecle, emploient du plâtre et de la colle.

Les stucs imitations de pierre" stuc pierre" XVIII et XIXème siecle, bourgeoisie, mortier de chaux et plâtre, tradition antique.

Les stucs arabes ajourés: plâtre et chaux, charge minérales, colles animales.

Les enduits de façade en stuc ou "glacis", mortiers de chaux, stuc bourgeois et paysans du XIXème siecle.


 

Palais de Doges Venise

 

 

 

LES BADIGEONS À LA CHAUX AÉRIENNE

C'est le plus économique. Il possède des qualités hygiéniques (désinfectant), ce qui le fait employer dans des milieux humides et dans les pays chauds, sans avoir de problème de moisissures. Il a une meilleure tenue aux intempéries que les badigeons à la colle. Quand il est appliqué sur des mortiers de chaux, il fait corps avec ces derniers pour ne faire qu'un. Il s'applique aussi bien en extérieur qu'en intérieur.
Il est particulièrement apprécié pour son rendu décoratif qui est d'un velouté exceptionnel, propre à la chaux.
C'est la technique qui demande le moins de contraintes et s'applique sur tous les supports.
Le badigeon de chaux aérienne autorise un choix important de réalisations.


Le lait de chaux:
C'est un badigeon très dilué, avec une forte quantité d'eau. Il peut être coloré avec des pigments et adjuvanté d'un fixateur.Une fois appliqué, il est plus ou moins translucide suivant la quantité d'eau.


Le badigeon de chaux simple:
Le plus utilisé est celui que l'on applique tous les ans sur les façades pour les rafraîchir, dans la cuisine pour donner un coup de propre, dans une étable, une cave, un garage... Son mélange est, comme son nom l'indique, simple. Il suffit de prendre de la chaux, des pigments si nous voulons de la couleur, de l'eau et du fixateur si nécessaire.


Le badigeon amélioré:
Nous allons soigner sa fabrication en lui ajoutant d'autres ingrédients tels que le talc, le savon liquide, la caséine et nous le tamiserons, ce qui nous permettra de réaliser des travaux fins. Nous pouvons exécuter de la peinture décorative : des nuagés, des marbrés, des patines,
des frises, des panoramiques. Avec le badigeon, nous pouvons donner un aspect « fresque ».


Le badigeon en matière:
Nous allons donner de l'épaisseur en réduisant la quantité d'eau, la consistance sera entre le stuc et le badigeon, assez épais afin qu'il puisse toujours se passer à la brosse (à choisir selon l'effet désiré).


Ingrédients utilisés pour les badigeons:
- la chaux aérienne en poudre ou en pâte (liant),
- les pigments, colorants (charge),
- la craie (charge),
- le talc (charge pour donner de l'onctuosité et du glissant),le savon liquide (agent mouillant),
- la caséine (lubrifiant),
- l'eau (diluant),
- les gommes (agglutinants et fixateurs),
- la cire saponifiée (donne un satiné et du glissant).


Couleurs des badigeons:
La coloration des badigeons se fait avec des pigments appropriés.
Préparation du sirop:
Mélanger dans un peu d'eau les pigments avec quelques gouttes de savon liquide, puis tamiser pour supprimer tous les grumeaux.
Ajouter le tout à la chaux délayée dans un peu d'eau.
Certains pigments sont réfractaires à l'eau : il faut les mélanger avec le savon liquide, remuer, ajouter l'eau. Le sirop se fera plus facilement.
Pour la bonne tenue d'un badigeon sur un fond ouvert (et sans fixateur), il faut respecter un certain pourcentage de pigments :
- oxydes naturels 25 % du poids de la chaux ;
- oxydes artificiels et autres pigments artificiels 5 à 15 % du poids de la chaux selon les pigments.
Il est vrai que ces dosages ne sont pas faciles à maîtriser de façon rigoureuse, principalement avec les pigments artificiels, qui ont tous des pourcentages de saturation différents. Le taux d'humidité des supports peut intervenir également.


Le diluant:
L'eau est le diluant du badigeon. Elle donne la qualité à celui-ci. Selon sa quantité nous aurons un lait de chaux, un badigeon ou un badigeon en matière, la quantité d'eau sera déterminée par le résultat souhaité. Elle peut aller jusqu'à 20 fois le volume de la chaux
lorsque l'on réalise un lait de chaux pour une patine très légère.


Les outils:
Un malaxeur sur une perceuse, un récipient pour mesurer, des petits seaux, une balance, des grands contenants pour le mélange (les poubelles de 100 litres vont très bien), des éponges, des brosses, des spatules, des chiffons.


Techniques pour l'application:
À fresque (a fresco) : le badigeon est appliqué sur un enduit frais, quand sa prise est faite l'enduit de chaux avec un sable 0/1 mm
À sec (a secco) : sur un support ouvert, humidifier à saturation la veille.
Sur un support fermé, utiliser des fixateurs.


Préparation du badigeon:
Dans un récipient, mettre un peu d'eau avec une pointe de savon liquide, puis ajouter la chaux tout en malaxant afin d'obtenir une pâte liquide. Incorporer ensuite le fixateur si nécessaire, les charges si besoin (craie, talc). Enfin la coloration avec le pigment délayé en sirop, toujours en malaxant. Pendant toutes ces opérations, si la quantité d'eau mise au départ est insuffisante, nous en rajoutons de sorte que le mélange se fasse d'une façon bien homogène et jusqu'à obtention de la consistance voulue (crème liquide). Bien malaxer le tout et terminer par un tamisage.
Il est préférable de préparer vos badigeons la veille. Ils se gardent bien et il ne faut donc pas hésiter à fabriquer, en une seule fois, tous les badigeons dont nous aurons besoin sur le chantier.Pendant l'application, remuer souvent et régulièrement à cause du phénomène de sédimentation (dépôt).


Le lait de chaux:
1 volume de chaux
+ pigments selon la couleur + 10 volumes d'eau
+ savon liquide
Utilité d'un lait de chaux : uniformiser des encadrements de pierre disparates tout en leur laissant leur texture naturelle, donner une patine à des pierres, des enduits ou des badigeons à l'aspect trop neuf ou trop plat, ou encore donner un peu de vie et de lumière aux boiseries trop foncées en leur laissant la texture du bois.
Nous pouvons passer plusieurs couches si nécessaire mais il faut toujours laisser sécher entre chacunes d'elles.
Les supports les fonds ouverts bien humidifier la veille; les fonds fermés ajouter du fixateur.
L'application se fait à la brosse : brosse pouce, brosse à badigeon, et brosse à pocher si l'on veut supprimer les traces de brosse.


Le badigeon simple:
1 volume de chaux
+ 2 volumes d'eau
+ savon
+ pigments selon la couleur + fixateur si besoin
La quantité d'eau n'est donnée qu'à titre indicatif, elle peut varier selon l'épaisseur souhaitée du badigeon.
Nous pourrions aussi l'appeler badigeon rustique car c'est celui qui va donner un coup de propre dans un garage, une cave humide, un atelier, une cabane de jardin. Bien souvent nous repassons une nouvelle couche chaque année. Son intérêt est d'être très économique et grâce à
son caractère antiseptique il peut être appliqué dans des milieux humides sans problème.


Les supports :
Pour les fonds ouverts, humidifier la veille (si deux couches, la première sera plus diluée) ; pour les fonds fermés, ajouter un fixateur.
L'application se fait à la brosse : brosse pouce, brosse à badigeon et également au pulvérisateur. Étant donné que le travail est rustique, cela nous permet cette utilisation mais il faut un tamisage assez fin et rajouter un peu d'eau.


Le badigeon amélioré:
1 volume de chaux
• 2 volumes d'eau
• talc (5 à 10 % du poids de la chaux)
• pigment suivant la couleur
• caséine (2 % du poids de la chaux)
• quelques gouttes de savon liquide
• fixateur si nécessaire
Nous pouvons, avec ce badigeon, réaliser des travaux décoratifs et artistiques. Nous aurions pu y ajouter un peu de cire saponifiée pour améliorer le glissant et éventuellement lustrer le badigeon une fois sec. Nous pouvons aussi ajouter un peu de gomme arabique ou adragante pour donner une meilleure tenue au badigeon dans la proportion de 0 à 5 % du poids de la chaux.


Les supports : comme le badigeon simple.
L'application est multiple :
- peindre d'un ton uni une pièce avec un minimum de deux couches, les croiser et éventuellement pocher à la brosse ;
- réaliser un nuagé : préparer deux badigeons de teintes différentes et appliquer les deux couleurs de manière inégale sur le mur et avec un spalter, mélanger les deux tons ensemble puis pocher. Toute cette opération se réalise dans le frais ;
- réaliser un marbré : le marbré peut être très léger, dans l'esprit d'une patine comme il peut être plus marqué et représenter aussi un marbre décoratif.


EXEMPLE
II faut déterminer le nombre de teintes
- un badigeon ocre jaune,
- un badigeon ocre jaune + ocre rouge,
- un badigeon terre verte.
Nous ébauchons notre marbré avec l'ocre jaune, puis nous venons par dessus avec l'ocre jaune + l'ocre rouge, en appuyant quelques veines.
Le travail est adouci avec le spalter et la brosse à pocher. Laisser tirer et revenir par endroits très légèrement avec la terre verte en adoucissant.
Le badigeon en matière
craie (20 % de la chaux)
talc (10 % de la chaux)
pigment suivant la couleur (20 % de la chaux)
soit 50 % du mélange + 50 % de chaux en pâte
+ éventuellement caséine (2 % de la chaux)
+ fixateur si besoin
Si l'on veut intensifier la couleur et ajouter du pigment, diminuer en proportion la craie.
Les réalisations obtenues avec ce badigeon sont en relief. Il nous offre autant de possibilités que votre imagination peut en concevoir.
Il s'applique sur tous les supports, excepté sur les supports souples étant donné que nous sommes en épaisseur. La craie évite le faïençage.

Réalisation d'un badigeon en matière de couleur ocre rouge
Les supports :
- support ouvert : bien humidifier et passer une couche de badigeon normal, laisser tirer et appliquer le badigeon en matière.

- support fermé : humidifier légèrement avec le fixateur choisi et passer le badigeon en matière.
L'application : appliquer le badigeon généreusement à l'aide d'une brosse à badigeon afin que celle-ci laisse des traînées. Le sens d'application doit être très irrégulier de manière à éviter un côté trop mécanique, et laisser sécher. Puis passer un lait de chaux vert amande et laisser sécher à nouveau. Quand le badigeon est bien sec, prendre un papier de verre moyen et poncer le tout. Le ponçage se fait à vue, le but n'étant pas d'aplanir la surface. Ensuite, un bon lavage à l'eau claire sera nécessaire pour enlever la poussière. Pour donner plus de vie à la matière, nous allons passer une couche de cire saponifiée puis la serrer avec une langue de chat.
Le résultat est très vivant; les surfaces en relief rouge sont très brillantes et les creux, à la fois rouge et vert amande, restent très veloutés.

Réalisation d'un badigeon en matière, finition spatulée
La composition est la même que celle du badigeon en matière précédent et la proportion de pigments sera fonction de la teinte souhaitée.
Pour cet exemple, nous préparons deux couleurs et réalisons une harmonie en camaïeu, un jaune pâle légèrement citronné et un jaune d'or.
Les supports préparation des fonds comme le précédent.
L'application prendre des grosses brosses pouces et appliquer les badigeons en matière comme si on réalisait un nuagé, en intercalant les effets de teintes, en mélangeant les couleurs entre elles et en les appliquant pures. Donner des coups de brosses de manière accidentelle.
Laisser au badigeon le temps de faire sa prise et prendre des spatules à stuc, de l'eau savonneuse, une éponge. Écraser légèrement la matière afin de ne pas enlever le relief, mais simplement l'adoucir comme si nous avions passé un léger coup de papier de verre. Laisser sécher.
Ensuite comme pour le badigeon en matière, passer un lait de chaux de couleur différente, plus claire ou plus foncée pour accentuer le relief de la matière et pratiquement en même temps, avec une éponge humide et de l'eau claire, laver le lait de chaux afin de le conserver uniquement dans les creux. Pour un essuyage efficace, terminer avec un chiffon de coton bien sec, en essuyant énergiquement les reliefs.
Si nous avons ajouté de la cire saponifiée dans le badigeon en matière, nous obtenons, avec le frottement du chiffon, un certain lustre.
Pour donner un peu plus de patine, passer un léger coup de papier de verre.


Nous avons abordé deux exemples de badigeon en matière, dont les possibilités sont très nombreuses en ce qui concerne les couleurs, les outils (peigne à faux bois, éponge, chiffon, plastique, certaines brosses...) et le coup de main, mais les compositions et les principes de bases restent les mêmes. Il est difficile d'obtenir des couleurs vives avec un badigeon. Une solution est de réaliser un glacis à la caséine, préparée à l'ammoniaque. L'appliquer en dernière couche sur le badigeon, avec une finition pochée ou chiffonnée.

RECETTES PATINES ET GLACIS

Glacis pour une peinture murale
Préparation : mettre dans un seau
1 volume d'huile de lin ;
2 volumes d'essence de térébenthine ou de white-spirit ;
puis ajouter la couleur en pâte jusqu'à obtention de la consistance désirée. Si nous utilisons des couleurs en tube achetées dans le commerce, il faut alors leur ajouter un siccatif.
Afin de réaliser une bonne peinture à l'huile, il est préférable de l'exécuter sur un fond maigre. Les anciens faisaient d'abord une ébauche a tempera et terminaient à l'huile, ce qui est une bonne technique.


ATTENTION Il faut toujours appliquer un matériau gras sur un support maigre et jamais l'inverse.


Enduit gras décoratif
Nous pouvons réaliser des enduits colorés à l'huile comme nous le faisons pour les stucs.
Composition
huile de lin cuite : 20 % liant + huile de lin crue : 80 %
+ siccatif
pigment : 70 %
• craie : 20 % charge
• talc : 10 %
Mélanger le liant à la charge jusqu'à obtention d'une pâte épaisse, crémeuse et homogène. On doit toujours appliquer cet enduit sur un support maigre à la façon d'une dernière passe de stuc, avec toutes les nuances de couleur.


Enduit maigre décoratif
Composition : pratiquement la même que celle de l'enduit gras.
Seul le liant change :
huile de lin crue : 40 % liant
+ essence de térébenthine : 60 % siccatif
pigment : 70 %
• craie : 20 % charge
• talc : 10 %
Le mélange est, lui aussi, presque semblable à celui de l'enduit gras en étant toutefois plus mat et moins dur.


Préparation de la peinture à l'huile sur bois en extérieurs
C'est une peinture de protection.
Pour les impressions, nous disposons de deux catégories de peinture : les peintures maigres et les peintures grasses.


Les peintures maigres
Destinées aux bois tendres, elles sont constituées de blanc de zinc additionné d'un peu d'huile de lin, et surtout de l'essence de térébenthine. On leur ajoute également un siccatif.


Les peintures grasses
Destinées aux bois durs, elles comportent beaucoup plus d'huile, peu d'essence de térébenthine et un siccatif.
Nous pouvons réaliser des enduits de rebouchage sur bois, en extérieur. Leur composition est la même que celle d'un enduit gras décoratif. Le pigment utilisé est le blanc de zinc ou de titane.

 

LES CIRES NATURELLES D'ABEILLE ET CARNAUBA

Les cires peuvent entrer dans la composition des peintures et des vernis, mais en faibles proportions.
Elles sont également des peintures et des enduits à la cire.
Dans l'antiquité, elles ont joué un rôle important en qualité de liant principal des pigments.
Leur usage est toujours apprécié pour leur aspect ciré car elles apportent un film plus mat que les vernis.
La cire d'abeille (animale) et la cire carnauba (végétale) sont celles les plus employées en peinture.
Ce sont deux cires de propriétés très proches.
Le point de fusion de la cire d'abeille est à 62 °C, alors que celui de la cire carnauba est à 82 °C.
Afin de les utiliser en peinture, elles sont blanchies au soleil.
La particularité de ces cires naturelles est de pouvoir être saponifiées (après transformation avec une base ammoniaque, elles seront miscibles avec un diluant à l'eau). Elles présentent les caractéristiques de s'étaler par frottements et de briller légèrement par lustrage.
Ces cires peuvent remplacer un vernis sur une peinture et donner aussi un lustre sur les bois naturels.
Elles sont solubles dans les essences et à chaud.
Elles sont faciles d'emploi, mais présentent un inconvénient : Lorsqu'une cire est appliquée sur un mur, nous ne pouvons plus apposer d'autre peinture car la cire est un produit qui durcit, mais ne sèche jamais.
La seule solution est de décaper la cire avec un produit décirant.
La plus utilisée des deux est la cire d'abeille : additionnée de cire carnauba ou d'un peu de résine dammar, ou d'un peu d'huile de lin, elle acquiert de la dureté.


SAPONIFICATION DE LA CIRE
Ingrédients
Pour 1 litre d'eau :
- 100 à 130 grammes de cire d'abeille blanche pure
- 40 grammes de carbonate d'ammonium.
Mélange
Sur une plaque électrique, porter 1 litre d'eau à ébullition dans un très grand récipient, le mélange eau + cire + ammoniaque = grande effervescence.
Ajouter la cire blanche pure en remuant à l'aide d'un fouet. Verser ensuite goutte à goutte le carbonate d'ammonium, préalablement dissout dans un peu d'eau afin de produire l'effervescence.
Maintenir l'ébullition jusqu'à ce que l'effervescence s'arrête tout en continuant de remuer.
Enfin, laisser refroidir la préparation sans cesser de la mélanger. Pour gagner du temps,
on peut disposer la casserole sur un lit de glaçons.
La cire saponifiée obtenue se présente sous la forme d'un liquide à l'aspect laiteux et de consistance crémeuse.
Elle se conserve indéfiniment.
On peut mélanger la cire saponifiée à toutes les préparation aqueuses (acrylique, vinylique, tempera, chaux, gommes, colles, caséine...).


CIRE LIQUIDE
Ingrédients
- 100 grammes de cire blanche en paillettes ou en copeaux;
- 1 litre d'essence de térébenthine.
Préparation
Laisser dissoudre la cire dans l'essence de térébenthine au minimum pendant 24 heures.
Cette cire liquide va nous servir à cirer un meuble, un décor en peinture. Il ne faut pas une concentration plus forte qui pourrait laisser des surépaisseurs, il est préférable de passer deux couches.


CIRE EN PÂTE
Ingrédients
- 1 kg de cire blanche en paillette ou en copeau
- 1 litre d'essence de térébenthine.
Préparation
Laisser reposer la cire dans l'essence de térébenthine ou dans le white-spirit pendant trois jours afin que la cire soit complètement diluée. Nous pouvons réduire ce temps en la chauffant au bain-marie.


ATTENTION DANGER : SOLVANT ET CHALEUR


PRÉPARATION DES COULEURS
Nous allons mélanger le pigment à la cire qui est le liant. La proportion de liant sera fonction de la nature du pigment de la même façon qu'à l'huile.
Disposer le pigment sur une plaque de verre et ajouter de la cire en pâte. Malaxer longuement avec des spatules afin d'obtenir une pâte épaisse. Lorsque le mélange est bien homogène, nous pouvons le conditionner dans des petits pots de verre, fermés hermétiquement. Ce mélange peut être enrichi d'une résine, d'une huile ou d'un peu de cire carnauba : ces adjuvants doivent être ajoutés à la cire avant d'incorporer les pigments.
Quelques recettes de cire enrichie
Cire d'abeille en pâte 80 grammes
Cire carnauba 20 grammes
Cire d'abeille en pâte 85 grammes
Résine dammar 15 grammes
Cire d'abeille en pâte 75 grammes
Résine dammar 20 grammes
Térébenthine de Venise 5 grammes ou résine élémi
Cire d'abeille en pâte 70 grammes
Résine dammar 20 grammes
Huile cuite 10 grammes
Avec la préparation des couleurs, nous avons trois possibilités :
- utiliser cette préparation telle quelle pour effectuer des enduits
- pour une peinture artistique : fabriquer des pâtes de différentes couleurs, les déposer sur une palette et travailler avec un diluant ;
- mélanger cette préparation à un glacis pour effectuer un décor mural.


Enduit à la cire
Il s'applique de la même manière qu'un stuc et avec les mêmes outils. Nous avons les mêmes possibilités pour le mélange des couleurs, mais les superpositions seront moins faciles à exécuter.
Supports pour l'enduit à la cire : les murs en plâtre, en placo, en chaux, en ciment... le bois, et en général des supports rigides, qui doivent être mats et légèrement granuleux.
NOTA Toujours passer une couche d'impression de peinture blanche avant d'appliquer l'enduit.


Peinture à la cire
Appliquer les pâtes de couleur sur une palette. Dans un godet, mettre un mélange composé de 30 % de cire et 70 % d'essence de térébenthine pour diluer les couleurs et dans un autre, de l'essence de térébenthine pure pour nettoyer les pinceaux en cours d'exécution.
Avant d'effectuer les superpositions, s'assurer que les couches du dessous ont durci. C'est un ouvrage assez difficile à réaliser, il faut avoir un geste rapide afin d'éviter de détremper les premières couches (la cire ne sèche jamais !).
Il ne faut employer que des brosses et non des pinceaux, trop souples pour cette technique.


Glacis à la cire
1/3 de cire ;
2/3 d'essence de térébenthine.
Prendre la pâte de couleur, la mélanger au glacis.
La concentration de la pâte dans ce dernier sera en fonction de la transparence désirée.

 

 
   
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