Le plâtre est un matériau de construction très ancien, utilisé en Méditerranée dès l'antiquité égyptienne.
En Provence le plâtre est depuis le XlVe siècle au moins et jusqu'au début du XXe siècle, spécialement répandu dans l'habitat, sous l'ancien terme générique de "giperie" ou "giparie".
Le plâtre apparaît (avec la chaux) comme le liant et l'enduit d'intérieur par excellence. Des voûtes de la bergerie aux éventuelles finitions moulées et sculptées, la maison haut-provençale est bâtie intérieurement et parfois extérieurement à l'aide de plâtre, à la fois dans la construction et dans la finition. Ce matériau ignifuge isolant de la chaleur brûlante et protégeant les bois de l'attaque redoutable des insectes.
Ce travail du plâtre a été mis en valeur par les études des ethnologues comme F. Simonin pour les Alpes de Haute-Provence autour du tournant du siècle et celles des historiens pour les périodes antérieures : C. Maurel pour le département et P Bernardi, pour le cas particulier d'Aix-en-Provence.
Il peut intervenir:
- dès le gros-oeuvre, en banchées pour la création des bergeries voûtées, comme à Céreste ou à La Motte du Caire.
- en utilisation extérieure, pour des avant-toits, avant la généralisation des génoises, et pour les façades qui, au XVIIe siècle à Forcalquier, sont entièrement assemblées au plâtre, sans autre liant : cette utilisation est à rapprocher de l'usage du plâtre de gros dans les façades parisiennes.
En intérieur, le plâtre est d'un usage quasi systématique au niveau:
- des planchers rigidifiés par une chape de plâtre grossier de quelques centimètres d'épaisseur, bien avant d'être recouverte de tomettes, des plafonds sur lattis ou cannes, des cloisons sur armature de bois par exemple, des encadrements de portes et de fenêtres, de placards muraux et bien sûr des enduits intérieurs:
- des escaliers entièrement bâtis en plâtre hormis les premiers degrés qu'ils soient à vis ou ultérieurement à rampes et à balustres (à Riez ou à Digne).
- des cheminées, simples ou monumentales comme celles de la Madeleine, exposée à Salagon, ou bien celle de la Mairie d'Aubenas-les-Alpes:
- de nombreux décors et des moulures de gypseries.
On le voit, le plâtre est un élément fondamental dans la construction et l'aménagement de la maison, qu'elle soit très modeste comme nous en avons de nombreux exemples ruraux, ou bien plus aisée et ostentatoire, en milieu urbain, comme à Riez dès 1401, ou encore en pays de Forcalquier aux XVIe et XVIIe siècles, avant la mode des décors qui envahit les demeures nobiliaires de France avec la diffusion des moulures du Fontainebleau de Louis XIV. Présent à proximité N. O. de la ville, le gypse a été exploité par les habitants d'Aix-en-Provence au moins dès le XIVe siècle et jusqu'en 1954.
Cet usage systématique du plâtre renvoie à une matière première répandue et aisément mise en oeuvre, à un climat du sud-est français plutôt sec (selon une catégorie d'utilisation définie dans l'antiquité), à un savoir-faire, à un métier spécifique aujourd'hui disparu, celui de gipier.
Le Gipier
La Haute-Provence, la Provence et peut-être bien tout le Sud-Est français se caractérisent par un usage très répandu du plâtre. Celui-ci était aussi bien l'oeuvre de nombreux spécialistes, les gipiers, qui pouvaient contrôler tout le cycle, depuis l'extraction jusqu'à la finition sculptée, en milieu urbain, que le fait d'une pratique autonome dans le cadre d'une entraide locale, familiale. Ces pratiques rurales sont confirmées par l'existence d'un droit d'extraction dans les carrières communales, dont certaines sont restées en activité jusqu'à leur cession récente.
Ainsi en 1866 le Conseil municipal d'Esparron-la-Bâtie en appelle t-il au sous-préfet : «Depuis un temps immémorial, la carrière de plâtre située sur les terrains de la commune de Bayons et possédée par Messieurs Daumas Etienne et Pierre servait à l'usage des habitants de notre commune ; aujourd'hui les propriétaires en défendent l'extraction, même moyennant indemnité.»
A La Garde, près de Castellane, le conseil accepte en 1874 de concéder la carrière, «en laissant, bien entendu, la faculté aux habitants de la localité d'aller en tout temps extraire pour son usage».
En Provence, dans un univers qui ignorait le ciment, à côté du maçon qui travaille la pierre et la chaux, il y avait le «gipier» dont le rôle a été prédominant. A Riez, entre 1560 et 1630 les archives notariales citent 37 artisans gipiers (dont sept Aixois) et seulement 22 maçons et tailleurs de pierre. Voyageur, comme beaucoup dans les métiers du bâtiment, le gipier pouvait être le responsable du chantier et même parfois de l'ensemble de la construction de la maison, jusqu'au début de ce siècle. En effet même dans les milieux modestes on faisait appel aux conseils de ce spécialiste qui cumulait parfois les fonctions d'architecte et de maître d'oeuvre.
Dans le cadre propice des Préalpes du sud, le gipier a été pendant plusieurs siècles à l'origine d'une véritable culture du plâtre dans l'habitat qui décline toute la gamme des pratiques rustiques et fonctionnelles, sobres et nues, surchargées et maniéristes. Cette profusion du travail des gipiers laisse une impression de variété et pour tout dire de liberté.
Origines :
Francine Simonin note : «en Provence l'utilisation du plâtre local a probablement eu cours sans interruption de l'époque gallo-romaine à nos jours. Cette continuité est rare et partagée par peu de régions (Ile-de-France, Picardie)».
Les nombreux affleurements de gypse (plus d'une cinquantaine dans les Alpes de Haute-Provence actuelles, particulièrement présents sur les axes Bléone-Durance et en Luberon), ont permis l'éclosion et la persistance d'usages locaux et de pratiques répandues, ainsi que l'existence de nombreux gipiers qualifiés.
La Haute-Provence fournira par exemple à elle seule entre le quart et la moitié des maîtres non-aixois de cette ville aux XVe et XVIe siècles (concurremment aux gipiers du Val de Loire et du Piémont italien).
Organisation :
C'est à la fois une pratique autonome non professionnelle et un métier. P Bernardi signale qu'à partir de 1582 les gipiers forment à Aix un groupe à part entière dans la confrérie Notre-Dame-de-Beauvezet. Ce n'est qu'au début du XVIe siècle que l'on voit apparaître à Aix les qualifications professionnelles de «faiseur», «cuiseur» ou «broyeur» de plâtre. Cependant de nombreux artisans maîtrisaient toute la chaîne de fabrication, avec au niveau rural, particulièrement en Haute-Provence, une diffusion de ces pratiques utilisées jusque dans l'avant-guerre.
Outillage :
A la base il est très simple, ce qui a permis la diffusion et le maintien de l'activité : piques et pics pour l'extraction, rouleau de calcaire ou masses de bois à manche souple pour le battage, pelle, tamis.Aux gipiers en fin d'apprentissage sous l'ancien régime à Aix-en-Provence on donnait toujours une truelle et souvent une auge, un «plomb», une règle et un marteau..

GYPSERIES DE SISTERON ALPES DE HAUTES PROVENCE
Du gypse au plâtre
Sous la plume des notaires de l'ancien régime le terme employé est celui de gip. Il désigne aussi bien la pierre à plâtre, le gypse, que le plâtre lui-même. Chimiquement les deux sont d'ailleurs des sulfates de calcium.
Le minerai de gypse, très répandu en Haute- Provence (plus d'une cinquantaine de sites d'affleurement), est une roche plutôt tendre relativement aisée à extraire, que l'on «cuit» entre 110° et 140° maximum afin de la déshydrater presque complètement avant de la broyer ou de la moudre plus ou moins finement. Si l'on ajoute de l'eau, le mélange fait prise plus ou moins rapidement selon le degré de cuisson et la quantité d'eau de la gâchée, ce qui autorise toutes les combinaisons.
Ce mélange de base s'accommode de nombreux ajouts pour des usages particuliers : soit des charges de sable, de terre ou de gravats pilés («de la musique», selon les plâtriers de Paris au XIXe.), de la sciure ; soit des adjuvants efficaces en très faibles quantités : la chaux pour des mortiers très résistants, mais aussi le savon (pour la soude et la potasse), l'alun, le sel, le lait, le sang ou la sève de figuier (?) pour des finitions particulières, dans le but d'accentuer la plasticité du mélange et la rigidité de surface de la prise.
Le gip est donc ici plutôt un mortier polyvalent à base plâtre qui peut être utilisé aussi bien dans la construction en gros oeuvre et en extérieur, qu'en finitions raffinées s'approchant ainsi d'une sorte de stuc. L'ancien vocabulaire provençal distinguait bien le hourdissage et l'enduit («mettre au net en gipparie» où l'on peut «gobeter» le plâtre gâché clair avec un balai sur un mur ou sur un «latison»), de la création de décors («enrechir en gipparie» pour lesquelles le plâtre doit avoir «de l'amour» - bien prendre - afin d'épigeonnet; de pouvoir se plâtrer doucement à la main.).
Le travail de fabrication du plâtre comporte trois étapes longtemps maîtrisées par les mêmes personnes :
l'extraction, la cuisson, le broyage.
L'extraction du gypse ou pierre à plâtre a lieu en général en carrière à ciel ouvert, à Clamensane par exemple, et parfois en souterrains horizontaux peu profonds, après le XVIe siècle, les «tannes», à l'aide de piliers-perdus. Exemples au XIXe et au début du XXe siècle : Saint Pérréal dans le Vaucluse, ou les gipières de la colline de la Plâtrière au col de la Mort d'Imbert, à Manosque. Il n'existe pratiquement qu'une seule mine proprement dite, à descente verticale, celle créée tardivement à Saint Jurs. Cependant, en Provence on désigne l'ensemble de ces lieux d'extraction par le terme de «mine».
Le travail se faisait au pic, à la pioche et à la masse principalement, avec un transport au panier jusqu'au four, en général à proximité (la «forge de plâtre», longtemps temporaire et détruite après cuisson, plutôt que permanente comme au 19e siècle, dans le cas d'une activité plus professionnelle). Le propriétaire du terrain, agriculteur le plus souvent, était fréquemment lui même au moins partiellement exploitant.
Plusieurs communes géraient elles-mêmes de façon communautaire leurs carrières ouvertes aux habitants pour leur besoins personnels. La Motte-du-Caire instaure en 1900 une taxe visant uniquement les commerçants.
La cuisson : «les faiseurs de plâtre» empilent des blocs de gypse de plus en plus petits en formant une ou plusieurs arches (on parle alors de «travage») dans une simple cavité circulaire, une «culée», ou entre des murs délimitant une sorte de petite pièce sans toit de quelques mètres carrés, semblable aux fours à chaux. Les gipiers disposent au fond et au dessus du four une couche de «repoux», mortier argileux et isolant. Un feu de bois est allumé sous la ou les arches pour une cuisson de plusieurs jours dans ce four vertical, à 100-150 degrés environ (couleur rouge sombre).
La cuisson selon ce procédé n'était donc pas homogène et il fallait trier ou mélanger habilement les «incuits» et les «sur-cuits» avec le reste, pour obtenir par contre un excellent plâtre à hourdir. La commune de Valavoire présente un cas particulier cité par E Simonin : le four à plâtre communal était utilisé à la fin du siècle dernier par une famille et ses employés pour des fournées de plâtre destiné soit à la construction, soit à fumer les prairies. Le charbon de terre a aussi été utilisé pour une production plus professionnelle (le lignite à Manosque au début du siècle) quoique interdit à Aix-en-Provence par une ordonnance de 1732. En région aixoise plusieurs textes sous l'ancien régime fixaient le rythme de production à une fournée par mois.
A la fin du XIX' siècle, le département des Basses-Alpes se caractérise par l'existence simultanée de techniques de production d'ordre individuel ou familial, artisanal, mais aussi industriel comme Renoux à Champourcin et surtout Ardisson dans les années 1920 à Digne, rue des Monges. Ce précurseur qui exporte son plâtre en barils jusqu'en Amérique du Sud, met au point un four rotatif qu'il fait breveter.
Ce principe novateur équipe l'actuelle et moderne entreprise Lafarge à Mazan-Mallemort où il a pratiquement dû être réinventé.
Le broyage : le gypse «cuit» est trié pour séparer au besoin les morceaux particulièrement «incuits» (charge pour les mortiers gros utilisés en planchers ou pour une nouvelle cuisson) et les «surcuits» (au delà de 143 degrés, ils servent de retardeurs de prise). La fournée est mélangée pour homogénéiser l'ensemble. Puis le plâtre est réduit en poudre.
Plusieurs systèmes coexistent jusqu'au XXe siècle :
- le battage à bras à la masse de bois à long manche souple (d'où l'expression «battre comme plâtre»)
- le broyage au rouleau de pierre sur l'aire à battre les céréales,
- à la meule dans un moulin artisanal. Ces moulins circulaires étaient souvent actionnés par des animaux («moulins à sang» de Clamensane et de Saint-Jurs) ou, par le vent, uniquement à Montfuron, dans les Alpes de Haute-Provence, mais aussi dans le Vaucluse à Saint-Saturnin d'Apt.
- L'énergie hydraulique a été utilisée à la Garde en 1834, avec un système d'entraînement de la meule par une roue à aubes et des engrenages de bois et développé industriellement dans la seconde moitié du XIX' siècle à l'usine de la Salaou à Castellane et à Digne par exemple.
- L'usage de la vapeur est signalé par E Simonin à partir de 1874 en ville et à Vergons, puis celui de l'électricité dans l'entre-deux guerres.
Le plâtre est ensuite (ou simultanément dans les moulins) tamisé plus ou moins finement, ce qui est une obligation dès 1352 pour la commercialisation à Aix-en-Provence, dans un contexte urbain beaucoup plus réglementé. A Aix, P. Bernardi signale l'instauration d'une commission de contrôle de la qualité du plâtre à la sortie des fours, et dès l'année suivante, en 1569, l'interdiction de mêler quoi que ce soit au plâtre (ce qui semble être un problème récurrent depuis l'antiquité), de vendre des incuits, de ne pas tamiser.
Il existe de nombreuses variétés de gypse produisant des plâtres différents, du «blanc», du «brun» à Marseille, du «rouge» (ou «rose»), dans la région de Digne qui, selon Mistral, a donné l'expression «/ou gip» pour désigner le vin rouge du «gris» ou «terreux» qui, à Aix peut aller jusqu'au noir, indépendamment de la qualité apportée à la fabrication.
Transporté en vrac, en charrette, le plâtre pouvait être stocké ainsi dans un coin de grange, vendu cru par charge ou cuit par fournée. Il était alors mesuré jusqu'à la Révolution en «émine» (environ 33 litres) ou en «panai», valant une demi-émine. Après cette époque, il était conditionné en sacs de toile et mesuré en boisseaux (unité valant un décalitre), avant l'apparition des papiers composites contemporains pour un conditionnement de 40 Kg.

«GIP, PLASTRE ET GIPAS»
Le substantif gypse vient du grec gupsos via le latin gypsum. C'est lou gip provençal qui désigne cette matière et a généré nombre de mots : lou gipier, lou four de gip, lou gipas, la giparié...
L'étymologie du mot plâtre est plus complexe : le terme est issu d'une famille de mots grecs dont provient plastiké, l'art de modeler, et d'où dérivent l'adjectif plastikos comme le verbe emplattein, façonner. Ces termes traduisent la nature particulière du produit. Nous parlons aujourd'hui, sur le même registre, des propriétés plastiques du plâtre. Le substantif emplâtre apparaît au XII' siècle. Le français l'emprunte au latin emplastrum pour désigner une médication à base de farine diluée que l'on appose comme un pansement. De là naît par analogie le mot plâtre au XIIIe siècle.
Provençal contemporain et français régional de Provence intègrent cette dualité et différencient la matière première, lou gip, du produit fini, lou piastre. Du premier terme subsiste la gipière (la carrière de gypse), souvent devenue toponyme, et la gypserie. Le four de gip a rarement survécu, il est communément dénommé four à plâtre. On n'engipe pas un mur, on l'emplastre. Que le mur s'éboule cependant, que son enduit se défasse et voici que les décombres se nomment les gipas. La référence au matériau brut prime. Il a perdu sa qualité de liant, de matière modelable, ne saurait plus être piastre ni plastras. Le gipas est un gip suivi de l'augmentatif as, péjoratif. Il redeviendra piastre une fois recuit et utilisé pour enduire une cloison.
Manda un gipas a un chin, c'est, par extension, jeter à un chien une pierre puisée dans les décombres. Manda un emplastre à quelqu'aucun, c'est donner une gifle à quelqu'un.
UNE OCCUPATION DU «TEMPS PERDU»
On ne construit ni n'enduit plus de bâtiments au plâtre local depuis la seconde moitié du XIXe siècle. La production industrielle de la chaux se développe et concurrence largement ce liant traditionnel, dont on use cependant de manière occasionnelle jusqu'aux premières décennies du XXe, pour entretenir les bâtiments hourdis au plâtre sur lesquels la chaux prend mal. On a toujours besoin d'un peu de plâtre pour resceller une poutre, le gond d'un volet ou «raccommoder un mur qui s'en va». Les témoignages en attestent : la production domestique est réduite, elle cesse dès la seconde guerre mondiale.
De nombreux jours s'écoulent entre l'extraction du gypse et sa transformation en plâtre. Les étapes s'échelonnent au fil des saisons : extraction progressive des blocs, transport à dos de mulet de la carrière à la route, charroi jusqu'aux abords du four, préparation de la fournée. C'est une occupation solitaire, un travail dit du «temps perdu», une tâche annexe à laquelle se livrent les hommes lorsqu'ils n'ont rien de plus urgent à faire. Seules les opérations de cuisson et de concassage se programment, elles se suivent nécessairement et constituent des opérations socialisées.
Cet abandon progressif marque toujours le paysage et donne parfois un sentiment de temps arrêté. On trouve des fours «garnis» que l'on n'a jamais cuits. Il est des monceaux de gypse au bord des routes que l'on n'a pas jugé bon de venir prendre, du plâtre cuit au fond des remises qui n'a jamais servi et ne servira plus.
Plâtre ciselé
Stage à Fès au Maroc
2004

Les techniques marocaines

Travaux de préparation
A : Choix du plâtre
Pour les travaux de plâtre ciselé artisanal de type Maroco- Andalou on utilise un plâtre qui fait prise lentement et qui possède les propriétés suivantes:
• Etre fin
• Non éventé
B : Tamisage « Tagharbil »
Auparavant les artisans marocains utilisaient des tamis en soie pour obtenir un plâtre très fin, qui donnera au ciselage une très bonne qualité.
Le plâtre restant dans le tamis, s'appelle « smida » et est utilisé pour réaliser une couche de base très solide.

C : Gâchage « Ajjna »
Contrairement au gâchage de nombreux matériaux de construction, le plâtre se gâche dans une auge en plastique ou
en bois, « Garmata ».
On met d'abord de l'eau (quantité à évaluer en fonction de la surface), puis la quantité nécessaire de plâtre, poignée par poignée, en respectant la proportion 2/3 d'eau et 1/3 de plâtre. Puis avec la main on malaxe, on écrase les grumeaux et ta pâte qui se forme en dessous.
D : Dosage
Pendant la phase de malaxage on vérifie si le mélange est saturé de la manière suivante. 1 / le dos de la main laisse apparaître 50% blanc 50% couleur de peau
2/ en ajoutant une petite poignée de plâtre au dessus du mélange, on observe
- le mélange absorbe ta poudre, on ajoute alors les quantités nécessaires
- la poudre reste au dessus du mélange, on arrête d'ajouter du plâtre et on sait que le mélange est saturé et utilisable pour des travaux de plâtre ciselé
Etats de transformation du plâtre
La pâte que l'on prépare pour réaliser du plâtre ciselé passe par les états suivants:
- Poudre
- Liquide
- Semi liquide (visqueux)
- Pâteux
- Solide

E : Application - « Tarha »
Après mesurage, traçage et préparation des surfaces à traiter, le plâtrier commence à remplir l'intérieur du panneau qu'il a délimité avec un plâtre à l'état 3 (serai liquide).
Il met d'abord une couche sur les bords et le milieu du panneau, puis lorsque le plâtre est à l'état 4 (pâteux), il remplit te panneau avec le creux de sa main, en faisant bien attention à ne pas laisser de vides sous ta surface « soussa ».
F : Réglage de niveau - « Taklad »
Pour réaliser du plâtre ciselé de type Maroco - Andalou, on applique le plâtre sous forme de panneaux de couches épaisses (minimum 2 cm d'épaisseur et plus généralement). Afin que le support soit lisse, homogène et bien plan on utilise les règles des cadres du support pour faire glisser de manière inclinée une petite latte de bois de longueur supérieure au cadre.
G : Finition
Pour obtenir une surface tisse et douce on applique dessus à l'aide d'une truelle de plâtrier une couche très fine d'un mélange appelé « fino » (3/4 eau et 114 plâtre). Ensuite on passe plusieurs fois une éponge mouillée, pour diminuer le degré de lissage et obtenir un bon poudrage, non effaçable.
Travaux décoratifs

Préparation de base
A : Dessins d'éléments
A partir d'une banque de données de répertoire de l'art architectural islamique qui se base sur trois genres :
• Le décor calligraphique
• L'arabesque florale
• Le décor géométrique (-arabesque polygonale, - décor tridimensionnel `Moquarbass')
L'artisan fait une composition artistique d'un élément motif qu'il va reproduire sur un panneau suivant son esthétique et sa lecture des formes.

B : Réalisation du pochoir
Le pochoir est un guide, un patron d'élément décoratif qui se réalise par les étapes suivantes :
• Dessin
• Collage du dessin sur un support fort de type carton ou plastique
• Découpage des parties primaires à ciseler

C : Subdivision du panneau
Suivant les dimensions des éléments décoratifs que l'on veut réaliser, on fait un traçage sur le panneau, des lignes directrices qui vont nous guider pour implanter le pochoir à sa place.
D'autre part on réalise la division de la partie qui contient les éléments de bordure que l'on veut réaliser.

D : Poudrage - « Taghbar »
Sur les lignes directrices du panneau (['horizontale et la verticale) l'artisan installe correctement son pochoir et à l'aide d'une 'boule' de tissu poreux pleine de ciment noir, tapote sur le pochoir afin de marquer les parties vides, celles qui vont être les premières à être ciselées. Cette opération s'appelle « taghbar ».
E : Le retraçage -« Tahnache »
Pour ne pas effacer le poudrage des éléments à ciseler qui vient d'être réalisé, l'artisan procède à une autre opération qui s'appelle « Tahnache ». Il retrace te dessin de bas en haut à l'aide d'un ciselet, « marboue »
et du compas à deux pointes sèches, « debed ».
F : Le ciselage - « Nquich »

1 / Ciselage primaire
De bas en haut et de manière inclinée de tous les côtés en suivant l'angle de vue, le ciseleur « naquach »
attaque les parties cimentées avec des frappes du ciselé.
Par souci d'esthétique, il lissera de petites surfaces internes, travaillera les entrelacs de taille régulière, respectera les proportions vides /pleins, tout en jouant sur les contrastes ombre et lumière, creux et vide.
2/ Ciselage secondaire
Après avoir terminer l'opération de ciselage primaire, le sculpteur apportera à son motif les différentes ornementations, florales ou géométriques, par des techniques varies.
G : Nettoyage
Quand il a fini , le « naquach » nettoie et 'répare' tout ce qui a pu être abîmé pendant les opérations qui précédent.
Il utilise pour le nettoyage des débris d' une brosse douce.